Née au quartier Bezaudin à Sainte-Marie, Marie-Victoire Persanie est une danseuse étoile de bèlè. Fille de Victoire Casérus et d’Armand Saint-Ange Persanie, sa voie était toute tracée afin qu’elle évolue dans le domaine du Bèlè.

 

 Née le 11 janvier 1949 au quartier Bezaudin à Sainte-Marie, Marie-Victoire Persani est la dernière d’une famille de treize enfants dont Ti Emile Casérus était l’ainé. Ses parents, Saint-Ange PERSANI et Victoire Marie Acélia CASERUS dite « Man Saint-Ange », étaient ouvriers agricoles et petits cultivateurs.

Ils étaient aussi et surtout danseurs de Bèlè.

 

 

« Man Saint-Ange » avait sa « paillote » ou « kay bèlè » et a marqué les mémoires comme danseuse et on considère aujourd’hui Marie-Victoire Persani comme une danseuse étoile de Bèlè. Avec des parents tels que les siens, sa voie ne pouvait qu’être tracée afin qu’elle évolue dans le domaine du Bèlè.

 

Après avoir été à l’école élémentaire à Bezaudin puis au bourg de Sainte-Marie, elle abandonne son rêve de devenir sage-femme et devient ouvrière agricole et cultivatrice dès l’âge de 17 ans.

Toutefois, Marie-Victoire Persani débute très jeune dans lawonn Bèlè. Pour elle, le Bèlè est un héritage qui lui a été légué par sa mère car c’est elle qui lui a transmis ce savoir-faire et ce savoir-être. Elle accompagnera sa mère dans toutes les Swaré Bèlè en restant dans les « won dèyè ».

 

Adolescente, elle est admise officiellement dans les Swaré et travaille ses dons sous la houlette de grandes figures comme Dulténor CASERUS, Emile LAPOSTE (qui l’initie à la kalennda), Féfé MAROLANY, GALFÈTÈ, Michet MARCELLIN, Ti Emile CASERUS.

Elle le souligne en ces termes : « Yo té ka kité-mwen dansé épi yo, yo té ka montré-mwen, yo té ka konséyé-mwen, yo té ka korijé-mwen ». Elle a bénéficié d’une transmission par filiation et a su faire son chemin en se déplaçant en compagnie des grandes figures du Bèlè Sentmari.

 

Plus tard, elle fait partie du groupe « Foulards jaunes » dirigé par Dulténor Casérus et Man Saint-Ange qui contribue à l’émergence de danseurs et musiciens bien connus : Marie-André Lapoussinière, Févriette Félicité, Bruno Bourgade, Constant Vélasques, Marcel Jupiter, Armide Gernet, Lucien Louis … Elle rejoint ensuite le groupe La Fleur créole de Ti Emile (avec lequel elle fait plusieurs voyages en Guadeloupe) puis à l’association SAKITANOU/WAPA (avec laquelle elle fait un voyage en France). A la fin des années 80, elle crée son propre groupe MATJOUKANN qui signifie « Patrimoine », aujourd’hui dissout.

 

Toutes ces expériences l’ont amenée à exercer son art de la danse auprès d’illustres danseurs et danseuses comme Julien Vitélius, Evariste Persani, Mathilde Jean-Louis…

Marie-Victoire Persani a été élevée au rang de Trésor Vivant par la Ville de Sainte-Marie et il n’est pas rare de la retrouver dans les traditionnelles soirées Bèlè notamment à la Maison du Bèlè ou au Pitt Casérus.

 

Débordante d’énergie, d’amour pour ce patrimoine culturel et de respect envers Lawonn Bèlè, on ne peut que se demander quand va-t-elle s’arrêter. La seule réponse, non sans malice, qu’elle opposera toujours à cette question est : « Mais j’arrête tous les jours. Sauf qu’il faut que je n’entende pas le son du tambour et du ti bwa ».

 

© Marie-Anne "Mamou" Orsinet Florimond - Octobre 2017