Pratique artistique de Martinique mêlant musique, chant, danse et conte, Le DKB (Danmyé-Kalennda-Bèlè) est un héritage laissé par les ancêtres qui vivaient dans les « rues cases-Nègres » aux abords des plantations martiniquaises.

 

 

 

 

GÉNÉRALITÉS:

 

A l’instar de nombreuses cultures du continent américain, le Bèlè Martiniquais est issu de l’histoire de ces déportations de masse qui se sont déroulées entre les XVIème et XIXème siècles et qui réduisirent en esclavage des millions de personnes d’origine africaine. Ce déplacement de population a amorcé un processus transculturel dans le contexte colonial martiniquais qui a donné naissance à cette forme d’expression connue aujourd’hui sous le nom de « Bèlè ».

 

Il existe beaucoup d’hypothèses émettant un rapport entre le terme « bèlè » et la francisation de l’expression « bel air ». Cela reste contestable dans la mesure où cette dénomination existe dans des îles caribéennes anglophones telles que Sainte-Lucie, la Dominique, Trinidad & Tobago où l’organisation musico-chorégraphique est différente. D’autres émettent l’idée que « bèlè » serait la contraction de « Bèl lè » (bel endroit, bon moment).

 

Le Bèlè s’est donc développé à la Martinique dans un contexte de résistance et s’est consolidé avec des formes différentes selon que l’on se penche sur le Bèlè de Sainte-Marie ou de Basse-Pointe (population paysanne et ouvrière) ou des Anses d’Arlets (population de pêcheurs principalement).

 

DESCRIPTION

 

La matrice, s’agissant des trois foyers du Bèlè, reste globalement la même : le chant et les chœurs (lavwa et lavwa dèyè), la musique (tambour bèlè et ti-bwa), la danse (danm bèlè et kavalyé), le contexte (les swaré, moman et tan bèlè), un vivre-ensemble véhiculant des valeurs sociétales de partage, de résistance et d’entraide (mannyè-viv).

 

Un-e chanteur-se, soutenu-e par les chœurs, lance un chant accompagné par « lòrkès » (tambour bèlè et ti-bwa). Les danseurs entrent alors dans la ronde : l’échange entre la musique et la danse se développe et interagit avec le public (Lawonn dèyè). Tous ces éléments sont les composantes d’un groupe social nommé « Société Bélia » par Etienne Jean-Baptiste dans son ouvrage Matrice Bèlè (Ed. Mizik Label – 2008).

 

On suppose que les pas et les figures exécutés dans les danses Bèlè seraient issus d’un métissage entre le mode de vie des peuples autochtones caribéens, un syncrétisme africain et les danses en quadrille européennes.

 

Cependant, la forme en quadrille peut être la symbolique du carré de terre que les esclaves affranchis acquirent pour une réelle liberté.

 

Le répertoire Bèlè illustre les différents temps de la vie quotidienne :

  •  La lutte : le danmyé, ladja, kokoyé ou wonpwen que l’on peut définir comme une lutte cadencée.
  • Le rituel : la kalennda (fertilité), le gran bèlè (fécondité).
  • L’amusement : les bèlè (bèlè kourant, bigin bèlè, bèlè pitjé), les danses lalinklè (de fin de swaré : kannigwé, tingbang, bénézwèl, mabélo, woulé mango et karésé-yo).
  • La communication : le béliya, pour annoncer les nouvelles ou féliciter.
  • Le travail : lafouytè ou lasotè, gran-son et masonn (l'agriculture),  téraj-kay (la maçonnerie), ralé-senn (la pêche), koupé-kann (la canne), rédi-bwa...