LA KALENNDA

 

La Kalennda serait considérée comme une danse de fertilité et de prospérité.

 

Au départ, selon les écrits du Père Labat en 1722 et après observations des rassemblements le soir après le travail des esclaves, il la décrit  comme une danse érotique dansée en 2 lignes, les hommes et les femmes se faisant face et se frappant (cela rappelle le Mabélo samaritain actuel). Elle serait issue de la Côte de Guinée et plus précisément du Royaume d'Arda.

 

Selon Lafcadio Hearn, la Calenda ne se danse que par les hommes torses nus qui font tourbillonner de lourds bâtons en mimiques de combat que l'on pourrait lié au Ladja Baton.

 

Jacqueline Rosemain, dans son ouvrage "La musique dans la société antillaise" soutient la thèse que les Kalennda étaient les danses religieuses des esclaves africains liés au trois grands cultes de la fécondité: celui de la fécondité de la mort, celui de la fécondité de la terre et celui de la fécondité de l'Homme.

Il y avait DES Kalennda: de grands moments de rassemblements religieux des esclaves auxquels se joignaient les Marrons. C'était des lieux où se reconstituait la "communauté", la "société", où les esclaves construisaient leur nouvelle unité, où la résistance s'exprimait et souvent s'organisait.

 

De plus, selon Etienne Jean Baptiste dans son livre "Matrice Bèlè", la Société Béliya (pratiques des noirs marrons des pitons du Carbet), organise ses activités et la construction de l'habitat en la terminant par la "Kalinda" qui était une danse pour époux très érotique et sexuelle et permettant de stabiliser l'habitat (après le fouyé tè, le danmyé, le bèlè (dirigé par un commandeur).

 

Plus tard, la Kalennda permettait de bénir le tracé de la chambre du couple lors de la construction de la case dans les rues cases nègres. Le tracé était fait sur le sol à même la terre.

 

De nos jours, dans la chorégraphie, le wondi de la file des danseurs symboliserait le tracé de la case dans son entier, la présentation devant le tanbouyé du danseur puis le wondi-déwondi serait le salut pour qu'il accompagne le danseur lors de cette bénédiction sensée apporté fécondité et prospérité.

En théorie, toujours selon mes recherches, le danseur (tout comme dans le Béliya) devrait danser en soulignant les quatre côtés (pans de murs de la case ou fondations) et pointer les quatre coins (symboles des quatre points cardinaux) puis exécuter des mouvement libres.

 

La Kalennda, tout comme le Gran Bèlè, sont des danses d'excellence très inspirées des danses africaines. La forme Kalennda se retrouve aussi en Guadeloupe lorsque les danseurs de Léwoz exécute des pas devant le marqueur.

 

©Mamou Orsinet Florimond Juin 2012