Les Chan Travay

Ces musiques se jouaient à des moments bien précis : elles accompagnaient les différents temps de la journée.

 

Pratique ancestrale et solidaire du Koudmen (coup de main), Lasotè (à l’assaut de la terre) ou Lafouy Tè (fouiller la terre), associe plusieurs tambours. Ce moment de la vie quotidienne réunit dans la matinée plusieurs amis agriculteurs ou non qui viennent houes à la main prêter mains fortes. Dans le lasotè, le ti bwa est joué a plusieurs sur un bambou. Le Lasotè du nord Caraïbes subsiste encore aujourd’hui mais davantage pour montrer ce que c’était. Il ne reste que peu de porteurs de cette musique et notamment un grand tanbouyé au Carbet, monsieur Méfane, quelques crieurs également…

 

 

Aux temps anciens, les champs de cacao et de café étaient assez éloignés les uns des autres et s’étalaient sur de grandes étendues à flanc de montagne.

On chantait le "gran son" en retournant son champ. Les coups de houe étaient rythmés par les "kòn lanbi" (conques de lambi) et le bouillonnement de la terre raconté par le tambour à timbre.

Le "gran son" était chanté par deux solistes masculins ayant une large étendue de voix. On retournait la terre en allant vers le sommet de la montagne, après quoi, on la sillonnait en descendant la montagne et le "masonn", chant pour une seule voix accompagnait cette phase du travail avec toujours deux "kòn lanbi" qui marquaient le coup de houe.

Les chants, outre leur fonction de rythmer le travail, permettaient de raconter l’histoire de l’île, de la communauté, du voisinage, de relater avec ironie les différends entre colons, les déboires d’un camarade ou d’un contremaître…

 

(Source: La Maison du Bèlè)