© Association Lupus Antilles-Guyane
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Poto-mitan de toutes les swaré bèlè, Djoubatè et Membre d’Honneur de La Coordination Lawonn Bèlè, Benoit Rastocle est une personnalité Bèlè qui se distingue partout par une véritable gentillesse, un humour inébranlable, une générosité et une disponibilité sans faille.

 

Benoit Rastocle, dit « Ben », est né sur l’habitation Lassalle de la commune de Sainte-Marie le 12 décembre 1933. Fils de Victoire BAZABAS et d’Aristide RASTOCLE, tous deux ouvriers agricoles, il restera peu de temps sur les bancs de l’école pour travailler comme « ti bann » dès 1945. Il a alors 12 ans.

Plus tard, en suivant les traces de son père, il deviendra ouvrier agricole de la canne et prendra sa retraite à 65 ans.

 

 

Une vie de labeur agricole, ponctuée par une union avec Madame Marie RASTOCLE, fille d’une grande danm bèlè, Agnès CANNA dite « Man Agnès », la naissance de 5 enfants et… le Bèle !

 

Le Bèlè l’attire mais c’est principalement le chanté bèlè qui le séduira lors de ses escapades interdites avec ses frères Eugène et Paul. Ils braveront les recommandations de leurs parents pour aller observer en secret ce bèlè réservé aux grandes personnes dans la « kay bèlè » de Madame Duline Vilcoq (la mère de Siméline Rangon).

 

Une rencontre déterminante avec Stéphane Cébarec dit Blanchard, grande Vwa Bèlè de l’époque, le conduira avec ses frères à une initiation plus directe : ils pourront enfin goûter au plaisir de faire « lavwa dèyè » dans les événements organisés à l’époque dans les « kay bèlè » de Sainte-Marie. C’est à l’aube de sa majorité et son parcours initiatique commence...

 

Benoit Rastocle va s’imprégner de cette Culture DKB (Danmyé-Kalennda-Bèlè ) qui est sienne en se l’appropriant, en observant et en s’initiant auprès de grands chanteurs comme Stéphane Cébarec, Xerxès Bellance, Ange-Marie Maréchal (chanteur spécialiste de danmyé).

Il résume ainsi cette transmission quasi-autodidacte en ces mots qui révèlent la force de la passion qui l’anime dès lors : « Man gadé-yo, man réponn lavwa dèyè-yo … épi apré, man fè ta-mwen ».

 

Ayant reçu de la part des plus grands avec bienveillance, il contribuera à son tour pendant trois ans à la transmission du Bèlè auprès des de la structure associative « An Lot Chimen Pou la Jénes » (ALCPJ) du mouvement « Asé pléré an nou lité ». Nous sommes en 1979.

 

Avec son frère aîné, Paul Rastocle devenu un tanbouyé Bèlè émérite, ils sont reconnus comme des membres actifs engagés et militant pour le renouveau du DKB danmyé-kalennda-bèlè : ce sont des « djoubaté ». Ils se distingueront particulièrement lors de ces fabuleuses rencontres du dimanche « bò lariviè-a » du quartier Kazinel à Citron-Sainte-Marie et porteront l’essence du Bèlè dans de nombreuses communes.

 

« Bèlè, fok ou ni lanmou ; ou enmen’y, ou ka wè moun enmen’y »

 

La discographie de Benoit Rastocle est riche. Sa voix particulière, terrienne, cadencée et facilement reconnaissable lui vaut d’être invité sur plusieurs albums. 

Toutefois, deux d’entre eux sont désormais emblématiques de son talent et de sa touche particulière : « Les Maitres du Bèlè – Vol.2 » sur lequel il pose sa voix accompagné du talentueux tanbouyé Constant Vélasques, et le tout récent « Fondasyon Ladja » de l’association Lézinisyé, rendant hommage à Yéyé Oranger et Stéphen Lavyo, deux grands combattants de Danmyé.

 

Benoit Rastocle est l’un des ambassadeurs indispensables de la Culture Bèlè car il n’a pas hésité à « janbé dlo-a » pour amener le DKB en Hexagone et en Dominique que ce soit avec Les Maitres du Bèlè de Sainte-Marie ou Wapa Sakitanou.

 

Son talent et son attitude ont contribué et contribuent encore à initier les  djoubaté et les nouvelles générations à la connaissance profonde de la culture DKB.

 

« Bèlè-a, sé an chenn, si an may pété, lot mòso-a ka rété atè-a »

 

Marie-Anne ORSINET FLORIMOND

17 décembre 2016